Les travaux ont démarré, le référé en suspension est déposé!

Après quelques jours de faux suspense annonçant l’imminence des travaux Place Manouchian: installation de panneaux informatifs (arguant que la Place sera beaucoup plus jolie avec un parking), fermeture de l’accès par des barrières en tôle, les travaux ont fini par démarrer le 25 septembre…!

Triste spectacle dont plusieurs d’entre nous été témoins bien impuissants : dépose d’une partie des jeux pour enfants, ouverture de la dalle à grand renfort de pelleteuse, palmiers retirés… L’espace est déjà ravagé.

Comme prévu, Bancs Publics a fait constaté par huissier le fait que les travaux avaient débuté et a déposé très rapidement un référé en suspension, qui nous l’espérons permettra l’arrêt des travaux d’ici le jugement du recours. Une architecte a également accepté d’attester que le « dépeçage » de la Place pourrait aller très vite pour pointer l’urgence à agir contre le projet de Parking.

L’audience du référé en suspension aura lieu le 10 octobre au Tribunal Administratif de Grenoble, Bancs Publics sera représenté par son avocat sur ce dossier.

Le chantier de fouilles archéologiques de cet été

Au mois de juillet, pendant 2 semaines, l’INRAP (Institut National de Recherche Archéologique Préventive) a procédé à des fouilles archéologiques aux alentours de la Place Manouchian. Les rues Belle Image, Pecherot, Bayard, Lesdiguières et Ha ha ont été pendant quelques jours éventrées.

Il s’agissait de fouilles diagnostiques afin de déterminer si notre sous-sol contient des restes intéressants et susceptibles de recherches approfondies. 



Toutes les fouilles ont mis à jour, sous des couches archéologiquement récentes (1500 après J-C), la présence de couches romaines datant du 1er siècle après J-C. Des restes de poteries et d’amphores ont été trouvés et prélevés pour analyse.

Une fouille s’est révélée particulièrement intéressante, celle  donnant sur la rue Lesdiguières. Un plancher romain du 1er siècle après J-C a été découvert. Il pourrait s’agir du plancher d’une salle à manger romaine (triclinium). Ce plancher est composé d’une mosaïque  de couleur blanche, en partie avec un décor floral. Une partie seulement de ce plancher a été dégagée.

Les relevés de l’INRAP vont être analysés et des décisions seront prises pour déterminer si des fouilles archéologiques approfondies seront faites, quand et où.

Le site où est implanté le Parking sous-terrain Q-Park de l’Hôtel de Ville est donc entouré de restes romains datant du 1er siècle après J-C. Il y a environ 40 ans, quand a été construit ce parking, tout un quartier romain a certainement été détruit. A l’époque, il n’y avait pas de recherche archéologique préventive.

Le recours contre le permis d’aménager

Nous vous proposons ici des précisions sur le recours demandant l’annulation du permis d’aménager qu’a déposé l’association Bancs Publics en juin dernier afin de continuer à contester le projet de parking Place Manouchian par voie juridique.

Pour mémo, rappelons que Bancs Publics avait déjà déposé un recours gracieux contre la délibération prise par le Conseil Municipal de Valence en décembre 2017 qui autorisait le Maire à signer un avenant entre la Ville et Q-Park pour l’aménagement du dit parking. En l’absence d’une réponse du Maire, il est réputé rejeté tacitement, ouvrant la possibilité d’un recours en contentieux par la suite.

Le même avocat spécialisé en droit de l’urbanisme et de l’environnement a été ensuite mandaté par Bancs Publics afin de saisir le juge administratif pour qu’il statue sur le projet de parking.

Un dossier épinglant une « décision entachée d’illégalité pour de nombreux motifs » a ainsi été réalisé, reposant sur les arguments suivants :

  • Une insuffisance d’informations relatives à la gestion des eaux pluviales et aux plantations à conserver dans le cadre du futur plan d’aménagement du parking
  • L’absence d’évaluation environnementale : En effet, la Dréal (cf article « Quand la Dréal se laisse berner ») avait instruit une demande établie par Q-Park à travers une procédure « d’examen au cas par cas ». Cette demande simple a exonéré Q-Park d’une évaluation plus complète s’en même provoquer une visite in situ. En se rendant sur place, les assertions fausses versées à l’examen au cas-par-cas auraient pourtant pu être levées : comme notamment de prétendre que la Place Manouchian se situerait en dehors de la zone piétonne.

De toute évidence, la formulation de la demande de Q-Park à la Dréal pour être exempté d’une évaluation environnementale « minimise les incidences pourtant notables que son projet est susceptible d’avoir sur l’environnement et la santé humaine ».

  • Le risque d’atteinte à la salubrité publique : « Le parking aérien projeté induira une augmentation non négligeable de la pollution de l’air en centre-ville. Or, la Ville de VALENCE est déjà concernée par des dépassements des normes admissibles en la matière et souffre de la pollution atmosphérique induite par le trafic routier eu égard à la proximité de l’Autoroute A7, laquelle est située à 400 m de la Place Missak Manouchian ».

>En résumé nous dénonçons le projet de parking en surface (alors même qu’il existe déjà un parking souterrain Q-Park sous cette Place avec des stationnements en nombre suffisant) en raison de son caractère archaïque. Aujourd’hui, les décideurs de l’aménagement urbain en proie au défi du réchauffement climatique prônent la végétalisation des villes et la rationalisation de l’usage de la voiture individuelle. Ce parking irait complètement à contre-courant de choix qui doivent véritablement intégré les enjeux de qualité de l’air et de bien-vivre en ville.

Le recours a été déposé devant le Tribunal de Grenoble le 18 juin 2018. La décision d’autoriser ou non la création d’un parking est donc dans les mains de la Justice et c’est elle qui tranchera.

Valence (2) : c’est moche… Dixit Le Monde

Le Tour de France faisait une halte à Valence le 20 juillet dernier… Et le journal Le Monde (lire l’article) de pointer que l’on est passé à côté d’une belle occasion de donner envie d’aller à Valence, déjà connue comme étant une ville de passage sur l’autoroute des vacances, qui s’offre rarement les honneurs d’une couverture médiatique nationale… Cet écueil est récurrent, révélateur d’une vision du territoire de la part d’élus qui ratent trop souvent la cible qu’ils prétendent vouloir atteindre…

Bienvenue à Valence :

Ville d’arrivée du Tour de France, un pari sur l’avenir

En effet, les retours sur investissement espérés en accueillant une arrivée du Tour de France – qui suppose un coût important pour la collectivité d’environ 140 000 euros d’après les chiffres en ligne – sont mesurables à brève et moyenne échéances :

  • Le jour J, l’affluence attendue peut générer un chiffre d’affaires à la hausse pour les commerçants locaux : les gens consomment – boissons, (petite) restauration – et en profitent pour faire quelques emplettes, d’autant plus en période de soldes… Les professionnels de l’hôtellerie/restauration bénéficient également de cette manne.
  • Les spectateurs – plusieurs dizaines de milliers qui attendent le long des routes par étape et plusieurs millions derrière leurs écrans – sont aussi susceptibles d’être charmés par les régions traversées et mises en valeur par les vues aériennes rediffusées au point de projeter d’aller les visiter, et donc constituent un gisement de touristes potentiels pour la suite… En cela, le Tour de France s’apparente à une formidable campagne de publicité à des fins touristiques.

Pour Valence : un pari en demi-teinte, voire raté…?

Après le passage du Tour de France à Valence, on notera plusieurs erreurs stratégiques :

  • L’arrivée étant prévue à Valence 2, l’accès au centre-ville était rendu extrêmement difficile… Par conséquent, le 20 juillet, il régnait une ambiance bien calme dans le centre-ville de Valence, avec des rues peu fréquentées. Normal, de nombreuses voies étaient momentanément barrées, effet dissuasif garanti…
  • En termes d’image, comme le souligne fort bien l’article dans Le Monde, le choix d’une zone commerciale périphérique est fort regrettable. On pouvait lire dans Le Monde à propos de l’arrivée à Valence : « Le Tour de France, c’est aussi le tour de la France moche », ou encore « Valence regorge de splendeurs, mais elle vient de remporter le prix de l’arrivée d’étape la plus triste du Tour 2018 »… et de souligner néanmoins « Le chef-lieu de la Drôme ne manque pourtant pas de jolies places… ».

Alors, vous l’aurez compris, si Bancs Publics s’attardent sur le temps post-tour, c’est pour démontrer le manque d’acuité de certains élus, qui se targuent d’accueillir un tel évènement tout en ratant leur cible.

Il aurait été certainement préférable d’être ville de départ (moins coûteux, estimé à 85 000 euros et plus adapté à des centres-villes en termes de logistique). Pourquoi pas en privilégiant une arrivée la veille de l’autre côté du Rhône… cela permettant de présenter en images Valence – et son centre – comme une Ville où il est fait bon s’arrêter pour rayonner ensuite dans notre belle région de Drôme-Ardèche.

A méditer, au bord de la piscine ou de la rivière cet été…

Santé et environnement en Drôme Ardèche

CONFERENCE / DEBAT

Présentation du dossier thématique réalisé par l’observatoire régional de la santé Auvergne-Rhône-Alpes

Ces dernières années, les préoccupations croissantes du public sur la question des liens entre l’environnement et la santé ont mis la question du risque sanitaire lié aux expositions environnementales au cœur de nombreux débats. De plus en plus d’acteurs (institutions, associations de riverains, organismes d’intervention, lanceurs d’alerte…) s’intéressent aujourd’hui aux questions de santé et d’environnement et font le constat récurrent des difficultés d’accès à une information claire, objective et valide dans ce domaine. C’est dans ce contexte que la réalisation d’un Dossier sur la santé et l’environnement dans l’Ardèche et la Drôme a été décidée en 2017.

Pour en savoir plus sur la qualité de votre environnement et sur les pathologies en lien avec l’environnement dans votre département, la Fondation Rovaltain vous propose une soirée conférence/débat.

Rendez-vous le 28 juin 2018 à 17h30 à Valence

Pour une conférence suivie d’une table ronde en présence de :

  • Lucile Montestrucq, Observatoire Régional de la Santé Auvergne-Rhône-Alpes
  • Docteur Lucile VERCOUTERE, Direction Santé Publique, Ville de Valence
  • Brigitte Vitry, Responsable du pôle  de santé publique – délégation de la Drôme, ARS

Pour assister à la conférence :

– En salle : rendez-vous le 28 juin 2018 de 17h30 à 19h30 à l’Université Grenoble-Alpes, Bâtiment Marguerite Soubeyran, 87 avenue de Romans, 26 000 VALENCE

• Inscription préalable : contact@fcsrovaltain.org

• Parking gratuit sur place.

– Sur le webinaire : LIEN

Pour d’autres informations ou pour avoir des informations supplémentaires : http://fcsrovaltain.org/sant%c3%a9-et-environnement-en-drome-ardeche.html

PLACE MANOUCHIAN à Valence le MARDI 26 JUIN 2018 à 19h

Action « Flash Citizen Act in Art » … INSCRIVEZ-VOUS !

Synopsis : imaginez une place publique en plein centre-ville dans une ville de Province de 65 000 âmes qui s’apprêtent à plonger dans l’été… Une place portant le nom d’un résistant arménien poète.

… Une place menacée de devenir sous peu un parking payant à ciel ouvert sans débat, alors même qu’habitants et commerçants sont bien sceptiques, voire opposés à ce projet… Souvent même, la population ignore l’avenir funeste et anachronique que les élus réservent à cet espace public…

Mais il est encore temps de SAUVER la PLACE MANOUCHIAN et de plébisciter son renouveau en une poche de verdure agréable pour tous les âges, en un lieu unique, ludique et attractif doté de plantes, de jeux et de mobilier urbain original…

Nous vous donnons rendez-vous Mardi 26 juin

Place Manouchian à 19h

 

Au programme :

–          A 19h : Rassemblement des 58 rôles principaux munis chacun-e d’une tente (dépliable facilement, idéalement un modèle « pop-up ») et des figurants sympathisants.

>Mise en place d’une scénographie éphémère : 58 tentes installées sur la Place, symbolisant les 58 places de parking projetées mais aussi et surtout un scénario alternatif pour le réaménagement créatif de la Place.

–          19h30 : Discours de fin et pliage des tentes.

Pendant et après : info et adhésion par l’association Bancs Publics (association pour un aménagement urbain durable et concerté) + Apéro partagé

 

IMPORTANT : que vous souhaitiez venir, et/ou prêter une tente pour l’occasion, MERCI DE VOUS INSCRIRE afin que nous soyons certains de réunir 58 tentes et 58 personnes le jour J à l’heure H…

Lien pour s’inscrire : https://framadate.org/zLh3Q3uUrFc82EaX

Pollution de l’air : la France devant la justice, Valence concernée

Le 17 mai La Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de Justice de l’Union européenne pour non-respect des normes de qualité de l’air.

Quatorze zones sont concernées dont VALENCE. Voir l’article du quotidien LE MONDE du 18 mai.

Valence fait donc partie des 14 villes les plus polluées de France.

Il est bien connu que la présence de l’A7 en bordure du centre-ville, à 400 mètres de la Place Manouchian, est la cause principale de cette pollution. On sait que 55 décès pourraient être évités si les normes de pollution étaient respectées et les élus se battent pour cela. Lire l’article de VOIR VALENCE de décembre 2017.

Pollution de l’air et santé

On connaît depuis longtemps les effets de la pollution de l’air sur la santé : principalement les maladies respiratoires et cardio-vasculaires qui sont à l’origine des 55 décès supplémentaires à Valence chaque année.

On sait moins que dès la période fœtale puis dans la petite enfance, la santé est impactée et nos enfants risquent d’en souffrir toute leur existence.

Il est prouvé que les enfants exposés aux particules fines et au dioxyde d’azote ont beaucoup plus de risques de présenter des altérations cérébrales :

  • Retards cognitifs
  • Déficit de l’attention
  • Diminution de la concentration
  • Diminution du contrôle de soi
  • Comportements addictifs
  • Hyperactivité

Vous pouvez aussi consulter l’article du Monde du 5 avril 2018 « La pollution de l’air aurait aussi des effets sur le développement du cerveau des enfants ».

Le site doctissimo peut vous apporter quelques informations :

Les écoles proches de la place Manouchian

Plan de localisation des écoles à proximité de la Place Manouchian.

La crèche « La Souris Verte »  se trouve à moins de 50 mètres de la place Manouchian.

 

 

L’École Saint-Félix se trouve, elle aussi, à moins de 50 mètres de la Place Manouchian.

 

 

L’École Chauffour se trouve à moins de 100 mètres de la Place Manouchian.

 

 

Pourquoi ajouter de la pollution à la pollution pour nos enfants ?    La santé de nos enfants vivant à Valence est déjà fortement impactée par le simple fait de vivre dans l’une des 14 villes les plus polluées de France… Pourquoi créer, à proximité d’une crèche et de deux écoles,  un parking  de 58 places et donc une pollution supplémentaire ?

L’enfant, l’oublié de la ville

La transformation en parking payant de la place Manouchian, terrain de jeux et d’apprentissages à la fois moteur et social depuis des années pour les enfants du centre ville, illustre la problématique de l’enfant dans la ville.

En effet les cités rejettent en banlieue les jeunes familles avec enfants et on assiste à leur exode vers le péri-urbain.

Or les jeunes couples avec enfants sont un facteur déterminant de la vitalité des centres ville. De nombreuses villes prennent aujourd’hui conscience de cet enjeu.

Qu’en est-il à Valence ?

« L’enfant, l’oublié de la ville » étude CAUE Paris, mars 2016

Place Manouchian Valence :

 

 

 

Le nouveau quartier Bonne au centre de Grenoble :

Le futur prévu par la mairie de Valence pour le Place Manouchian :

 

 

Exemples de places végétalisées

De nombreuses Villes, parmi lesquelles Bordeaux, Angers, ou encore Lyon et Grenoble se sont démarquées en termes de politique de végétalisation du milieu urbain.

Procédant d’une réflexion et d’une vision de fond sur l’avenir de la Ville, de ses espaces verts publics et intégrant la nécessité d’anticiper sur le réchauffement climatique, de nombreux aménagements identifiés illustrent notre souhait pour le futur de la Place Manouchian.

Si nous avions à établir un cahier des charges, il inclurait les axes suivants :

  • Une Place + accessible : aujourd’hui, la Place Manouchian est accessible pour les piétons et cyclistes essentiellement depuis le Nord (rue Belle Image) et le Sud (rue Cartelet). En revanche, elle est « cloisonnée » dans ses versants Est (rue Perdrix) et Ouest (rue Pecherot). L’entrée et la sortie du parking souterrain réservées aux voitures expliquent en partie le fait que les angles de la Place ne puissent plus être traversants. Ce qui est un problème pour la facilité des déplacements en modes actifs. La fluidité des déplacements piétons est donc un point à améliorer. Des traversées devraient être créées depuis les rues latérales Perdrix et Pecherot.
  • Des revêtements pour éviter l’effet d’îlot de chaleur : La Place Manouchian est un espace public dont la superficie assez vaste pour le secteur du centre-ville, permettrait de réaliser une véritable poche de respiration. En effet, la qualité de l’air est un enjeu majeur (cf. article), en particulier l’été. Il convient donc d’opter pour un revêtement ayant un albédo élevé (l’albédo permet de mesurer la capacité du sol à renvoyer la réflexion solaire, il est fonction de la couleur et de la matière de la surface concernée). Les matériaux préconisés sont les suivants : dalles et pavés clairs, bois clair, avec éventuellement le recours à du béton gris.
  • Une Place + végétale : Au sujet de la végétation, rappelons que les zones boisées urbaines sont 2 à 8°C plus fraîches que le reste de la Ville. Il est donc nécessaire d’installer du végétal sur la base d’un plan paysager tenant compte des contraintes de l’espace. Le spectre des solutions est large, en témoignent les différents exemples ci-après.
    Place du Ralliement à Angers
    Rue Garibaldi à Lyon
    Parc aux angéliques à Bordeaux

    Boulevard Beaumarchais à Paris
  • Du mobilier urbain créatif et attractif : de nos jours, les designers conçoivent des bancs, tables, chaises longues novateurs et pouvant attirer par eux-mêmes une typologie très variée de personnes : jeunes, familles, personnes âgées, etc… Pour un moment de détente ou de partage unique.

  • Une Place + conviviale : un espace de pétanque ombragé pourrait être envisagé, des évènements ponctuels organisés : repas de quartier, expositions, concerts, etc…

Des jeux pour enfants, pouvant allier les objectifs de végétalisation sont à installer : parcours ludiques et originaux, là encore les possibilités sont multiples et enthousiasmantes !

Aire de jeux à Strasbourg
Parc des Oblates à Nantes

Bientôt l’été : pour un îlot de chaleur ou de fraîcheur Place Manouchian ?

Parmi les grands principes d’un aménagement urbain durable, la végétalisation de la Ville arrive haut dans les préconisations, afin de limiter les impacts sanitaires liés au phénomène d’îlot de chaleur. Les îlots de chaleur désignent des espaces minéralisés, en général recouverts de béton, de goudron, d’acier (voiries, toitures non isolées) où la chaleur solaire s’emmagasine rapidement et entraîne une hausse importante des températures (+ 3 à 4 °C) en surface. Ce qui a pour conséquence directe un inconfort plus ou moins supportable et une détérioration de la qualité de l’air pour la population urbaine.

Le réaménagement de la Place Manouchian présente une formidable occasion de créer une poche de nature et de respiration en ville. Installer un parking de 58 places irait à l’opposé d’une politique en faveur d’une ville durable synonyme de bonne qualité de l’air et de végétalisation.

Certain-e-s d’entre vous connaissent certainement la Place Dunkerque à Valence (à côté de l’URSSAF, aux abords du quartier du Polygone) ? Sa catégorisation en tant que Place, alors qu’il s’agit d’un grand parking bitumé – certes gratuit et à proximité immédiate du centre-ville – pose question…

Demandons-nous utilement quels sont les attributs d’une Place Publique. La définition la plus simple donnée par Wikipédia est la suivante : « La place publique désigne le lieu d’apparition des faits de société »…

Intéressant, mais encore nous direz-vous ?

Project for Public Spaces,  un organisme reconnu mondialement pour son expertise en place publique, a défini quatre piliers pour le développement de tels espaces :

Les 4 piliers définissant une Place Publique
  • La convivialité d’une place publique se caractérise par son aspect accueillant, sympathique, interactif.
  • Les activités et usages sont représentés par un aménagement ingénieux, actif, utile, durable, et amusant.
  • Le confort et l’image reflètent une place charmante, sécuritaire, attirante, verte, propre.
  • L’accessibilité et les liens dans une place publique sont transposés dans sa localisation judicieuse, à proximité du centre-ville, propice aux déplacements actifs.

Ces caractéristiques propres à définir les composantes d’une Place Publique sont évocatrices…

Un parking, qu’il soit public ou privé, ne peut donc constituer une Place.

Souhaitons-nous que la Place Manouchian devienne un parking, engendrant un recul manifeste de l’espace public et du végétal, d’une détérioration de la qualité de vie et de l’image du centre-ville, d’un aiguisement du problème de pollution de l’air ?

Si vous avez l’once d’un doute, passez Place Dunkerque en plein mois de juillet ou d’août un jour ensoleillé, l’asphalte fait grimper le thermomètre, c’est vite intenable.

Pour le réaménagement de la Place Manouchian, nous désirons une démonstration de l’intelligence à l’œuvre au sein de multiples cerveaux et imaginaires : davantage de nature et d’humain pour une Ville intégrant la problématique du réchauffement climatique.

> Voir des exemples d’aménagements : consulter l’article « Exemples de places végétalisées »