Réunion publique du 14 juin : les enjeux d’une Ville durable en 2018

A l’invitation d’Europe Ecologie Les Verts, Bancs Publics a eu le plaisir de  participer à une réunion publique organisée à la Maison des Sociétés le 14 juin dernier… Les échanges ont été enrichis d’une part par le regard du géographe-chercheur Pierre-Antoine Landel, ancien Président du SCoT[1] et par la députée européenne et élue locale Michèle Rivasi. Petite rétrospective pour celles et ceux qui n’étaient pas là :

Comprendre les logiques territoriales : le centre-ville et l’extérieur sont indissociables

Si l’on cherche à comprendre le fonctionnement d’un centre-ville et les moyens d’actions pour le (re)dynamiser, il nous faut « dézoomer », regarder la Ville et ce qui l’entoure, l’appréhender en tenant compte des interelations entre les différents pôles urbains et les communes périphériques et celles plus rurales. Vu sous cet angle, Valence et plus largement Valence-Romans Agglo se distinguent par :

  • Une démographie stagnante, voire à la baisse dans les Villes centres, au profit des communes dites de 1ère couronne. Ainsi, après 1975, la population valentinoise décroît passant d’environ 68 000 habitants à 62 000 en 2014… Autant d’habitants en moins susceptibles de consommer dans les commerces de proximité.
  • Parallèlement, le nombre de logements vacants augmente : plus de 5000 logements vides en 2014, attestant de l’inadéquation de l’offre immobilière par rapport à la demande habitante (en termes de coût, de qualité, de localisation, etc…).

>La baisse de la  population traduit une profonde fracture territoriale.. Les revenus des ménages des villes centres sont largement inférieurs à ceux de la première couronne, qui accueillent les populations aisées et ont besoin toujours plus de mobilité, ainsi qu’en atteste le carte ci jointe.

Maison et voiture individuelles : l’aménagement pensé pour stationner

Si la Ville perd des habitants et que la périphérie en gagne, avec la plupart du temps un allotissement en maisons individuelles à l’extérieure des Villes principales, cette forme d’habitat a un corolaire simple, la seconde voiture :

  • Alors qu’en France, 80 % des ménages sont motorisés, ce chiffre atteint 91 % à Valence et 96 % sur le périmètre du SCoT.

Autre record, le nombre de mètre carré de zones commerciales par habitant, également appelé « urbanisme commercial » :

  • En 2010, il y avait dans le territoire Rovaltain, 1 797 m² de grande surface par habitant (contre 884 m²/habitant en Rhône-Alpes)…

> Le développement à outrance des zones commerciales périphériques entraîne un aménagement dicté par l’accessibilité en voiture et entre en concurrence directe avec les centres-villes.

Pour terminer, Pierre-Antoine Landel a insisté sur la signification d’ « habiter » la Ville, qui implique aussi, pour les habitants, de souhaiter participer à sa transformation, en donnant un avis éclairé sur ce qu’ils désirent advenir pour la Ville de demain…

Si l’on rapproche ces éléments d’analyse et de réflexion aux enjeux liés à l’aménagement futur de la Place Manouchian, on s’aperçoit de la pertinence à revendiquer un espace vert public plutôt qu’un parking payant. En effet, la Place Manouchian et ce qu’elle deviendra abrite un prisme large de choix décisifs pour la Ville demain : c’est l’occasion de faire entendre notre volonté d’un rééquilibrage en faveur de mobilités douces, d’espaces publics de qualité et d’affirmer la place de l’habitant dans la fabrique de la Ville.

 

[1] (Schéma de Cohérence Territoriale) Grand Rovaltain (plus de 100 communes et 300 000 habitants).