Actualités

Confinons, lisons, aimons, relions-nous, partageons… ici avec l’auteure Anne Dufourmantelle

La ville comme territoire amoureux in « « En cas d’amour » d’Anne Dufourmantelle

« La ville est un territoire amoureux. On met longtemps à s’en rendre compte. D’abord on s’y promène en toute quiétude, avec vos lieux favoris, les endroits à éviter, les quartiers peu animés, bref tout un réseau intériorisé de rues et de souvenirs feuilletés depuis l’enfance et l’adolescence, jusqu’à présent là où vous êtes.

Et puis tout à coup celui que vous aimez vous quitte. Et, soudain, le quartier tant aimé vous devient insupportable, vous ne pouvez franchir la limite de telle rue, ce bar où vous vous attardiez ensemble devient le lieu haïssable dont plus jamais vous ne franchirez le seuil. Vous donnez vos rendez-vous en des lieux les plus éloignés possible de ce cercle tracé à la craie noire des amours saccagés.

A partir du chagrin d’amour, ce sont des pans entiers de la ville qui se trouvent proscrits, subitement interdits. Il faut faire des détours incroyables pour ne pas approcher la « zone » avec cette ambivalence qui s’inscrit longtemps, où l’on ne craint rien tant que de rencontrer l’aimé mais où on le souhaite avec la même force. L’espace est un marqueur psychique privilégié. Il ne manque que d’observer la manière dont on rêve avec obstination des lieux qui nous ont marqués, enfants, ou que nous avons habités plus tard, certains lieux ont une répugnance psychique quasi indélébile, comme si on leur avait délégué la plus grande part de nous-mêmes.

La première métaphore de la psyché est spatiale. Les deux évènements qui président la vie humaine restent impensés, la naissance et la mort. La vie s’écoule dans ce territoire qui commence et s’achève entre ces des évènements. L’espace est notre métaphore première. Parce que nous sommes au monde dans une solitude qui a pour premier refuge l’espace, peau maternelle, odeur, bras, couffin, chambre, cet espace va s’élargissant en cercles concentriques jusqu’à envisager l’infini, l’espace absolu avec en creux, jamais vu au-devant de nous, sauf dans le miroir, notre propre silhouette. Se pourrait-il qu’il en soit de même psychiquement, que cet espace vide projeté intérieurement (le moi) sur l’espace au-dehors puisse acquérir dans le réel une autonomie qui lui est propre ?

Dans cette impermanence de toute chose, on se déplace en se recréant des abris dans la ville, en y cherchant refuge comme enfant, avant l’orage. Les rêves nous transmettent ce savoir des lieux, tous ceux qui nous ont bouleversés, traversés acquièrent en rêve une singulière importance, une force certaine. Notre fidélité ou infidélité aux lieux dit la manière dont nous habitons le réel et la vie. Presque davantage que notre relation aux êtres aimés. Les quartiers d’une ville ont ce même pouvoir. Chaque espace enregistré par nous a une capacité de résonance qui, au gré de nos empreintes affectives, retracera dans l’espace urbain la cartographie intime de nos attachements.

Quand une ville est traversée par un fleuve, elle nous rappelle  qu’aucune de nos constructions les plus magnifiques ne résistera en dernier lieu à l’élément libre : l’eau, l’air, la terre, dans leur sauvagerie. Certes habituellement ils sont apprivoisés, tamed, comme on dit en anglais, mais crues, orages, séismes peuvent se réveiller et détruire nos abris les mieux construits. L’impermanence de l’eau pourrait être le reflet de notre psyché, les eaux dormantes du soi ou de l’inconscient qui guide et soutient les identifications plus ou moins fragiles de notre moi. Il y a dans ce rapport de la pierre et l’eau à l’intérieur de certaines villes un espace très particulier qui fait de ces bords de fleuve des lieux de non-droit, des zones d’inventions secrètes et vivaces. Ces berges sont en partie « hors la ville » comme aux alentours de notre conscience, dans les marges, là où on devient amoureux et qu’on se découvre capable de n’importe quoi. Les berges du Tibre à Rome ou de la Garonne à Toulouse étaient jusqu’à très récemment ainsi des espaces de semi-liberté, de quasi-friches, plus ou moins autorisées où l’on pouvait flâner et se perdre. Lorsqu’une ville apprivoise entièrement ses berges elle est, qui sait ?, peut-être poétiquement perdue.  Gagnée à la loi de l’ordre et la beauté. Le désordre des berges est important comme l’est le bord de notre être au monde, de ces états de veille entre sommeil et conscience. Pour cela, il faut que la réalité s’y prête – rencontre, deuil, guerre – et nous déporte suffisamment de notre centre de gravité, de notre « quartier » d’origine pour nous dépayser définitivement ».


Le journal 6 est disponible en ligne et sous format papier

Au sommaire de la Lettre d’information citoyenne de Bancs Publics – mars 2020 :

  • NI BÉTON, NI GOUDRON, NI …
  • Espaces verts publics et mobilité : des aspects négligés et pourtant cruciaux
  • Les cyclistes en danger à Valence ?
  • Réconcilier ville et nature
  • Les Trinitaires : un espace vert public menacé
  • Centre Aqualudique de l’Epervière(CALE):
    INSTRUMENTALISATION, MANIPULATION ET DISSIMULATION

Bancs Publics relaie l’appel aux dons de la FRAPNA pour défendre le parc des Trinitaires

Communiqué de presse de la FRAPNA

Le Parc des Trinitaires, havre de verdure, toujours très arboré bien qu’ayant souffert de l’épisode neigeux, est menacé.

En effet, la Mairie a engagé un processus de déclassement d’une partie du parc, une bande de 300m² au sud, afin de le vendre aux propriétaires voisins. Une barrière de séparation a été posée mais cette vente n’est pas inéluctable…!

Bancs Publics appelle à mobilisation pour dénoncer cette décision arbitraire et à contre-courant de l’état d’urgence climatique : préserver les espaces verts publics plutôt que de les brader, c’est ce que nous sommes en droit d’attendre de nos élus !

La FRAPNA 26 lance un appel aux dons pour couvrir les frais de l’action juridique qu’elle entend mener pour empêcher la vente d’une partie de ce domaine public pour lequel elle demande depuis de nombreuses années un classement en ENS (Espace Naturel Sensible).

N’hésitez pas à soutenir cette cause, qui rejoint l’action de Bancs Publics pour la défense des espaces publics.

Lien pour faire un don : DON RECOURS VALENCE (sélection cette ligne puis indiquer le montant du don)

MERCI pour votre soutien


Le journal 5 est disponible en ligne et sous format papier

Au sommaire de la Lettre d’information citoyenne de Bancs Publics – décembre 2019/ janvier 2020 :

  • BATAILLE NAVALE à VALENCE-ROMANS AGGLO Démocratie : Touchée ! Nos impôts : Coulés !
  • M. Daragon dit enfin la vérité
  • Le schéma d’investissement du CALE
  • Que coûtera l’exploitation du CALE ?
  • Partenariat Public-Privé (PPP) ?
  • Tour de passe-passe pour une optimisation fiscale ?
  • La Démocratie bafouée ?
  • Une utilité publique contestable
  • VALENCE-ROMANS-AGGLO en bref
  • Après la Chambre des Comptes, le Parlement Européen au secours des contribuables de l’Agglo ?
  • Droit de réponse aux contre-vérités énoncées par M. Daragon

Le journal 4 est publié !

Au sommaire de la Lettre d’information citoyenne de Bancs Publics – octobre 2019 :

  • ÉLECTIONS MUNICIPALES 2020 À VALENCE : Ce sera Écologie-sociale ou rien !
  • Ce dont nous ne voulons plus
  • Un rapport alarmant de la Cour des Comptes : le centre aqualudique de l’Épervière sévèrement épinglé
  • Ce que nous voulons pour Valence
  • Nos 4 priorités
  • La mobilisation citoyenne que nous appelons de nos vœux
  • INVITATION : le 22/10/2019 à 18h30 à La Manu

Assemblée Générale de Bancs Publics le 18 mars à La Manu, Valence

L’ AG de Bancs Publics s’est tenue le lundi 18 mars à 18h30 à La Manu à Valence, avec la présence amicale de Tristan Rechid (animateur, formateur et agitateur d’idées) que nous remercions chaleureusement.

Retrouvez le compte-rendu de cette soirée à laquelle plus de 60 personnes ont participé.


L’association Bancs Publics est née au printemps 2018, dans l’objectif de défendre tout l’intérêt de préserver des espaces publics de qualité dans l’espace urbain.

Nous avons besoin de vous : la procédure juridique contre le projet et le permis d’aménager est toujours en cours, malgré la poursuite des travaux. Nous pouvons encore espérer que la Justice condamne ce projet à contre-courant des enjeux d’une ville durable. Soyons persévérants, avec votre soutien !

Adhérez à Bancs Publics :

  • Téléchargez le bulletin d’adhésion et renvoyez-le complété à l’adresse postale suivante accompagné de votre règlement par chèque (à l’ordre de Bancs Publics): Association Bancs Publics | 23 rue Bouffier 26000 VALENCE
  • Adhérez en ligne, le paiement est sécurisé et se fait par carte bleue.

Pour en savoir +  :